Nos représentations du travail s’organisent autour d’une distinction évidente entre la réalité professionnelle (ce qu’est le travail) et sa dimension idéale (ce qu’il devrait être). Elles sont souvent liées à notre expérience propre, mais aussi à de fortes déterminations sociales.
L’apport de la théorie des représentations sociales, dans la lignée des travaux d’Abric, permet un éclairage nouveau sur la compréhension de notre rapport au travail, plus particulièrement concernant les problématiques d’insertion professionnelle. Cette théorie a pour objet de repérer les « visions du monde » que les individus ou les groupes portent en eux et utilisent pour agir ou prendre position. On sait par ailleurs que des personnes devant s’exprimer à propos d’un objet sensible ou polémique, ne disent pas tout. C’est ce que Flament, Guimelli et Abric ont nommé en 2006 les "phénomènes de masquage".
Partant de là , toute la difficulté de ce type d’étude sera d’arriver à contourner ces phénomènes naturels pour atteindre les valeurs profondes du système de représentation des sujets. Plusieurs méthodologies ont été utilisées pour atteindre cet objectif : entretiens exploratoires, questionnaire d’évocation et de caractérisation... Nous verrons que nos principaux résultats montrent à quel point une « norme d’épanouissement », déjà observée dans les travaux de Lalive D’Epinay, est présente dans notre société et impacte directement la signification du travail chez les jeunes.