recherche et action en sciences sociales

Formalisation des interactions

Résurgences participe depuis 2007 à  un programme de recherche en pragmatique théorique dirigé par Alain Lecomte ([PRELUDE->http://www.anr-prelude.fr] autour de la formalisation en ludique de situations dialogiques. Par ce moyen il s'agit notamment de montrer que la ludique est un cadre pertinent pour l'analyse et la formalisation des dialogues, et de développer des méthodes permettant d'enrichir le modèle, qui reste pour l'instant très formel. Nous avons choisi de nous focaliser sur le dialogue du fait de sa ressemblance structurelle et conceptuelle avec les interactions ludiques, mais aussi, dans l'idée d'une théorie pragmatique plus étendue que la simple formalisation des dialogues, du fait de la centralité du phénomène dialogique dans la constitution de l'intersubjectivité et de son rôle dans la théorie de la connaissance La question logique de savoir comment s'établissent les connaissances est remplacée en ludique par celle de savoir comment l'exploration mutuelle des structures de justification permet d'établir des connaissances (vues comme des noyaux stables d'interaction). L'essentiel de notre analyse porte sur la manière dont se réalisent les rencontres, et donc sur la forme que peut prendre chaque micro-interaction : Dans cette optique, nous travaillons notamment sur la formalisation des actes de langage. Nous définissons des actes de langage ludiques (ALL) comme une structure apte à  remplir certains tests, et dont l'interaction produit une modification du contexte. Ainsi, chaque type d'ALL correspond à  une catégorie dans la couche abstraite, et chaque ALL d'un certain type est une structure appartenant à  cette catégorie. Les ALL sont polymorphes. Ils sont insaturés en tant qu'unité dans la mesure où une structure d'ALL est en attente d'interaction : elle ne se définit qu'une fois insérée dans un contexte. Mais elle est saturée en tant que composition, au sens où elle est déterminée par sa structure, et notamment par les sous-structures qui la composent et qui peuvent appartenir à  une catégorie particulière dans la couche abstraite. De fait, le modèle permet donc de rendre compte des différentes réalisations possibles d'une même structure, et donc de sa catégorisation, en fonction de l'épreuve qu'elle subit dans le contexte.
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